L'équipe de Looking for Neverland sera à Bruxelles pour deux représentations exceptionnelles les 26 et 27 avril 2019 à 20H !

Venez découvrir une création collective dirigée par Laetitia Wolf et mise en scène par Florian Pâque, deux jeunes belges issus du Cours Florent à Paris.

Les artistes nous présentent une version moderne de Peter Pan, revisitée à l'aide de faits divers et d'anecdotes personnelles, et soulignent le questionnement universel du sens que chacun souhaite donner à sa vie.
Chaque protagoniste est en manque de repères et se réfugie dans son propre monde imaginaire. Ils s'y rendent chacun à leur manière : par hasard, au détour d'un rêve éveillé, ou avec l'aide de substances plus ou moins licites, parfois simplement en fermant les yeux.
Leur rencontre déclenchera alors un questionnement essentiel : rentrer chez soi, ou rester à Neverland pour toujours ?

Cette pièce est en partenariat avec le Centre Français de Protection de l'Enfance (116 000-Enfants Disparus).
Avec le soutien de Child Focus.

Lieu : Le Collège Saint-Pierre d’Uccle
Avenue Coghen, 213
1180 Uccle

Avec : Lauren Amboise, Sophie Barial, Thaïs Doliget, Thibault Gouzarch, Lilian Minas, Florian Pâque et Laetitia Wolf

Aide à l'écriture : Vincent Achour
Scénographie/graphisme : COPCOA (Julie Waterinckx - Jennifer Bétourné - Blandine Marie Louise)
Déconseillé aux moins de 12 ans

LAETITIA WOLF, initiatrice du projet

« Ayant grandi en Belgique et donc baigné dans l’ambiance de l’affaire Marc Dutroux qui a secoué le pays, j’ai longtemps gambergé autour de sujets tels que les disparitions d’enfants. Je me suis imaginé ce qui pouvait traverser l’esprit des parents de victimes d’affaires non élucidées, et j’ai envisagé qu’ils situaient leurs enfants dans un endroit particulier : entre l’espoir qu’ils vivent encore, et la peur de s’avouer qu’ils ne sont probablement plus de ce monde.

Et si cet endroit était nommable ? Si c’était ce fameux Pays Imaginaire peuplé d’enfants perdus ? A force de voir des affiches de victimes placardées partout dans les rues, on ne peut s’empêcher de s’imaginer leur vie, et j’ai préféré croire que leur esprit les emmenait dans ce pays fictif pour échapper à leur calvaire quotidien. Peut-être que lorsqu’on perd toute notion du temps et tout repère, l’imagination est notre seule échappatoire. »

Fugues, enlèvements ou kidnapping parental, au total ils seraient un peu plus de 50 000 mineurs à disparaître chaque année en France*. Alors si Neverland existait vraiment ? Si cette île était l’endroit où s’abritent les enfants disparus, où nous voyageons en dormant et où les rêves attendent que l’on revienne les chercher ?
* Mineurs enlevés ou détournés : 455 ; fugueurs : 49261 (autant de filles que de garçons, dont un quart ayant moins de 15 ans) ; disparitions inquiétantes : 1077 (chiffre en croissance constante).

Source : CFPE - Enfants Disparus

Après avoir été joué à Paris à diverses occasions (Cours Florent, Théâtre du Temps, Théâtre de la Jonquière), Laetitia Wolf tenait à présenter enfin ce spectacle au public belge. L’affaire Dutroux ayant traumatisé les parents belges, et leurs enfants par ricochet, ceux-ci se sont vu enlever une part de naïveté chère à l’enfance. C’est notamment à ces adultes qui ont grandi trop tôt que Laetitia Wolf souhaite s’adresser.

Note d’intention

Chacun a son “Pays Imaginaire” en lui. Il en a plus ou moins conscience.
En quoi cette échappatoire est-elle nécessaire ? Comment se manifeste-t-elle ?

Laetitia Wolf a contacté chacun des comédiens non seulement pour incarner la jeunesse d’aujourd’hui, mais surtout pour créer ensemble, à partir de nombreux débats et d’improvisations. Un processus nourri d’inspirations cinématographiques, littéraires, théâtrales mais également de faits d’actualité. Notre priorité est de mettre en lumière une réflexion qui anime chaque démarche artistique, à savoir la nécessité de croire et d’espérer. Nous avons réuni tous ceux qui espèrent au légendaire Pays Imaginaire afin d’échanger sur les motivations qui poussent à se réfugier dans le rêve.

Voici le point de départ du projet. Au fil de nos discussions, chaque comédien apportant ses inquiétudes concernant de nombreux faits divers ou anecdotes personnelles à propos d’enlèvements, de rejet social, de l’expérience du deuil, du paraître, de l’idéalisation, du désir d’enfanter et les peurs que cela soulève, d’homophobie, de pression familiale ou de lassitude de ce monde, il nous est paru évident qu’il était important de ne pas évoquer qu’un seul sujet de société, mais d’en exploiter davantage, car ce Pays Imaginaire n’est pas réservé qu’aux enfants perdus, mais à tous. Chaque être humain s’est un jour réfugié dans son propre monde imaginaire. Parfois seul, en dormant, parfois avec un peu d’aide, à savoir la littérature, la musique, toute forme d’art, mais également pour certains la drogue ou l’alcool. Cela prouve bien que ce monde fictif est nécessaire, voire vital, et c’est exactement ceci que nous souhaitons rappeler à chacun des spectateurs : L’Enfant est toujours là quelque part, même s’il a été oublié, il ne nous quitte jamais.

Le spectacle alterne ces moments rêvés dans ce pays/refuge lors de leur captivité, fugue, sommeil, ou ivresse et des instants plus concrets de leur vie réelle à travers des interactions dans notre monde actuel entre ces jeunes gens et un interrogateur, un juge, un psychologue ou une assistante sociale ; il mélange féerie et cruauté, deux éléments propres à l’enfance qui nous permettent d’osciller entre un fond sombre et une forme plus légère.

CLOCHETTE : «Vous ne vous souvenez pas de cet endroit, mais vous êtes déjà venus. Certains sont restés un très long temps, d’autres sont passés en coup de vent.
Je le sais parce que je me rappelle de vous ...»


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