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terça-feira, 19 outubro 2021

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Sans-papiers: Les femmes de l'Église du béguinage restent sur leur faim



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(Luso.eu) - L’Union des sans-papiers pour la régularisation (USPR) a annoncé mercredi dernier la suspension de la grève de la faim, et l’arrêt de la grève de la soif. Une décision qui place les 43 femmes de l'Église du béguinage dans l’attente. Elles restent déterminées à aller jusqu’au bout de leur combat.

Un rayon de soleil passe par les vitraux pour se poser sur Salima et Hafida. Assises sur des matelas posés à même le sol, elles vivent dans cette église depuis janvier. Elles sont 43 femmes, de 40 à 80 ans, séparées des hommes par de grands panneaux blancs. Des mouches virevoltent autour de leurs visages. La chaleur est forte, et devient très rapidement inconfortable. Hafida, 52 ans, a le regard inquiet et les traits marqués par l’épreuve : "ça ne va pas encore. J’ai peur. Je suis stressée. Je pleure. Je suis fatiguée. J’ai arrêté la grève de la faim. Même avec de l’eau et à manger, l’estomac est écrasé”. Leur traversée du désert a été longue et difficile, à la différence près qu’elle a duré six mois au lieu des quarante jours de leur hôte. Elle s’est arrêtée pour un temps au moins puisque mercredi, la grève de la faim a été suspendue. Une décision motivée par l’état plus que préoccupant de certains grévistes qui ont dû être emmenés d’urgence à l’hôpital.

Une décision entourée de flou

Malgré tout, ce n’est pas le soulagement qui domine chez Salima et Hafida, comme chez le reste des 475 sans-papiers de l’Eglise du béguinage. Elles savent que leur combat ne viendra à son terme que lorsqu’elles tiendront dans leurs mains la preuve de leur régularisation. Malika, une bénévole explique la position des grévistes : “Mercredi, ils n’ont pas eu d’accord réel. Donc peut-être qu’on leur donnera l’autorisation de rester trois mois en raison de leur état de santé mais s’ils réalisent que ce n’est que ça, ils reprendront la grève. On a dû leur faire miroiter autre chose, et maintenant ils réalisent que c’est un feu de paille.” Un feu de paille qui pourrait bien s’embraser dans les semaines qui arrivent.

Sammy Mahdi, secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, a promis une réponse rapide pour chacun.e des grévistes mais a rappelé, inflexible, que les décisions se feraient au cas-par-cas : "J'ai indiqué à ces personnes que la politique ne changera pas, et qu'une grève de la faim ne les aidera pas. Nous traiterons tous les cas individuellement, comme nous l'avons fait par le passé. Les règles ne changeront pas". Salima fait partie de celles et ceux qui ont cru que tous les grévistes verraient leur situation régularisée, signe que la communication s’est déroulée dans une certaine confusion. Prochaine étape pour les différents acteurs dans le camp des sans-papiers : introduire les dossiers au cas-par-cas, puis attendre.

Des conditions difficiles 

Certaines n'ont nulle part où aller. La suspension de la grève de la faim n’est qu’une demi-victoire pour ces femmes et ces hommes. Malika, une bénévole, raconte que “quand les sans-papiers sont arrivés au béguinage, on leur a demandé de quitter leurs appartements, et d’arrêter la location. Certains et certaines, majoritaires l’ont fait et d’autres ont demandé aux propriétaires de garder l’appartement même s’ils n’ont plus de rentrée d’argent. Quand ils vont sortir, ils n’auront plus d’appartement donc ils seront livrés à eux-mêmes, et certains sont surendettés”. C’est le cas de ces deux Marocaines qui sont venues en Belgique pour des raisons différentes. Hafida est venue il y a 15 ans  de ça pour gagner en liberté, et s’émanciper d’un frère qui la maltraitait. Quant à Salima, elle a fait le trajet jusqu’ici pour aider sa famille financièrement. Elle fait des ménages, et envoie l’argent pour que sa mère puisse éduquer ses frères et sœurs. Salima a foulé le territoire belge pour la première fois en 2009, et a depuis enchaîné les jobs “au noir” : “Ménage, repassage, cuisine … Je commençais à 8h du matin jusqu’au soir pour seulement 20€. Je travaille tous les jours pour pouvoir payer la STIB. Je vis ici, je veux payer comme tout le monde. Je ne veux pas être en dehors des lois. Même si personne ne le remarque, Dieu me voit et je le fais par principe”.

Ces longues années à essayer d’obtenir le précieux sésame les ont menées à cette église, et cette grève de la faim. Six mois à devoir faire la file devant la seule toilette pour femmes, à devoir subir le froid, à devoir gérer la promiscuité. Salima, Hafida, Sharifa, Aïcha et les autres femmes ne veulent pas retourner au Maroc, et sont déterminées à se battre jusqu’au bout pour ces papiers : “on a perdu un nombre de kilos astronomique, on va avoir des séquelles et finalement on ne sait pas si on va avoir quoique ce soit. A aucun moment, on a l’intention de profiter d’un système quelconque. On demande juste les documents pour que l’on puisse retrouver nos vies, travailler, et pouvoir enfin être en règle. Tant qu’on n’aura pas ces documents, on ne quittera pas les lieux. Jusqu’à mourir.

Fotos: Baptiste Bodier

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